Un petit tour sur le web finira par vous convaincre : à l’achat, le BYD Seal U séduit immédiatement : un vrai palace roulant assorti d’une technologie embarquée tout droit venue du futur (ou presque). En face, une réponse européenne qui n’a rien à lui envier : la Peugeot e-3008 et sa silhouette racée de SUV fastback, son écran panoramique et une fabrication qui fait toute la fierté de la France, les usines historiques de Peugeot à Sochaux.
TCO sur 5 ans et 100.000km : prix d’achat, énergie, assurance, entretien et valeur de revente
Tout amateur de voitures qui se respecte peut avoir le coup de foudre une fois en concession, mais à l’usage, lequel de ces deux SUV familial possède la meilleure rentabilité ?
Pour vous, Dragon Fûté a sorti les calculatrices et a passé en revue le Coût Total de Possession (TCO pour Total Cost of Ownership) de ces deux modèles sur une durée de 5 ans, soit 100.000km (pour une voiture qui fait donc 20.000km/an). Et en 2026, certaines vérités piquent.
Attention : considérez les résultats présentés ici comme une simulation et non comme une promesse de coût réel !
Le prix d’achat initial et le jeu des bonus 2026
C’est ici que tout commence et où tout peut très vite s’arrêter. Vrai ou faux ? l’électrique, ce n’est pas à la portée de tout le monde. Faux, ou tout du moins, la tendance tend à démontrer que c’est de plus en plus faux. Effectivement, l’écart se réduit en fonction des modèles, des offres commerciales et des aides disponibles à l’achat.
En Europe, Le BYD Seal U 100% électrique a longtemps constitué une proposition particulièrement agressive face aux SUV électriques européens. Accessible à partir de 42.000€, suivant les marchés et les finitions.
La Peugeot e-3008 Long Range, c’est environ 5000€ de plus, elle démarre autour de 47.000€ à 49.000€. Ce différentiel au départ est déjà un critère de choix pour les acheteurs.
Peugeot e-3008 (finition allure – version électrique de 210ch)
Un prix catalogue de 42.140€. Grâce à sa production en France et à l’assemblage local de ses batteries, ce modèle est éligible au bonus écologique maximal en plus d’un « surbonus » environnemental. L’Etat déduit alors aux environs de 5800€ net en France. Vous voulez rouler en e-3008 ? Achetez en France. son éligibilité potentielle aux différents dispositifs d’aide constitue un argument de poids.
BYD Seal U (finition confort 71,8 kWh,100% électrique)
BYD en Europe, c’est une surtaxe douanière de l’UE d’environ 17%. Pour pouvoir rester compétitif, le géant chinois serre ses marges et propose sont SUV à un prix de 41.990€. Etant fabriqué en Chine, ce modèle n’est éligible à aucun bonus écologique.
Le duel à l’achat : Au prix catalogue, la marque chinoise semble tenir la corde, suivant le marché et la version. Mais les aides gouvernementales européennes, les remises constructeurs et les éventuelles offres commerciales tendent à inverser cette tendance.
La consommation d’énergie, le nerf de la guerre
Quand vous commencez à prendre du plaisir au volant de votre 100% électrique, vous êtes enthousiaste ! Extrêmement enthousiaste que vous en venez à penser que la recharge de votre voiture ne coûte presque rien ! Vous avez raison. En partie : parce que ce coût dépendra entièrement de l’endroit où vous allez recharger ( tarif appliqué et proportion de kilomètres effectués) et à quelle fréquence vous faites votre plein d’électricité.
Nos deux modèles ont donc parcouru 100.000km en 5 ans. Et la silhouette profilée de la Peugeot e-3008 fait des différences face à la carrure de déménageur de la BYD Seal U.
- BYD Seal U : consommation moyenne retenue de 18 kWh/100 km → environ 18 000 kWh sur 100 000 km. À 130 km/h, la consommation peut augmenter et atteindre environ 19,5 kWh/100 km selon les conditions.
- Peugeot e-3008 : consommation moyenne retenue de 17 kWh/100 km → environ 17 000 kWh sur 100 000 km. Sur autoroute, la consommation réelle dépend fortement de la vitesse, de la température, du vent et de la charge du véhicule.
Si le cout moyen de recharge est de 0,25€/kWh à domicile, la facture énergétique tournera alors autour de 4500€ pour la BYD, et 4250€ de moins pour la française.
Sur cinq ans, c’est un écart qui semble marginal. Voyons plusieurs scénarios.
| Scénario sur 100 000 km | BYD Seal U | Peugeot e-3008 |
| 100 % domicile à 0,25 €/kWh | 4 500 € | 4 250 € |
| 80 % domicile / 20 % public | à calculer selon tarif public retenu | à calculer selon tarif public retenu |
| 50 % domicile / 50 % public | à calculer selon tarif public retenu | à calculer selon tarif public retenu |
Le duel de la consommation : la lionne a du coffre et vous fera économiser quelques centaines d’euros, allant de 250€ à 650€ sur l’ensemble de sa durée de vie. La Peugeot e-3008 remporte donc ce duel de l’efficience énergétique.
La décote à la revente
Un sujet sensible que celui de la valeur résiduelle ! En effet, il est sujet ici de la perte invisible. Une ligne douloureuse du TCO. En vrai, il est toujours utile de connaître la valeur de sa voiture après 5 années de bons et loyaux services. C’est une valeur qui est difficile à déterminer. La raison ? La valeur résiduelle d’une voiture électrique chinoise en Europe est encore difficile à cerner.
En effet, le marché de l’occasion pour des modèles BYD est encore très jeune, et les côtes Argus ou équivalents locaux sur le sujet restent extrêmement prudentes.
BYD Seal U : Bien que BYD progresse à pas de géant, le grand public sur le marché de l’occasion hésite encore face aux marques chinoises. Sa valeur résiduelle est estimée à 37 % de son prix catalogue. Sur une base de 41.990 €, le SUV se revendra environ 15 500 € (Perte sèche de 26 490 € par rapport au prix d’achat net).
En face, la Peugeot e-3008 s’inscrit dans un environnement de revente connu, donc mieux balisé. Sur le marché de l’occasion et à titre indicatif :
Peugeot e-3008 : Le badge Peugeot rassure les acheteurs de seconde main en Europe. Sa valeur résiduelle après 5 ans et 100 000 km est estimée à 44 % de son prix d’achat catalogue. Il se revendra environ 19 800 € (Perte sèche de 19 390 € par rapport au prix d’achat net).
Sur des voitures affichées à plus de 40.000€, c’est donc une différence de plusieurs milliers d’euros au moment de vous en séparer.
Le duel de la valeur résiduelle : la Peugeot dispose encore d’une très belle côte en Europe. Elle remporte haut la main ce duel. Au cas où vous vous posez la question, la BYD seal U représente un gouffre d’environ 7100€ de plus dans la section dépréciation.
Confiance et assurance : un coût à ne pas sous-estimer
En Europe, l’assurance d’un SUV électrique demeure une question épineuse. Et c’est souvent sur ce point que les propriétaires de SUV électriques chinois ont une désagréable surprise. Et pour cause, le BYD Seal U est encore très peu répandu dans les portefeuilles des assureurs européens.
En cas de sinistre, le modèle est susceptible de générer des surprimes ou encore des délais de traitement ( réseau de carrosserie agréés, disponibilités des pièces…).
La Peugeot e-3008 quant à lui, dispose d’un réseau de réparation très dense et possède des coefficients de risque mieux calibrés.
Estimation sur 5 ans : entre 400 et 600 € d’écart annuel en défaveur du BYD (estimations) selon les compagnies et les pays. Soit 2 000 à 3 000€ supplémentaires sur la période.
le duel des assureurs : ici encore, le SUV de chez Peugeot sort largement vainqueur de ce duel…en France. Merci à la maturité de son réseau.
L’enjeu de la garantie et de l’entretien
Dans cette énième manche, tout porte à croire que la marque de Sochaux possède tout en sa faveur. eh bien non ! En matière d’entretien, BYD vous offre une garantie de 6 ans soit 150.000km pour votre Seal U. En plus, vous avez une garantie batterie étendue !
Quant au e-3008, lui il reste dans les clous du standard européen de 8 ans pour la batterie (suivant les conditions applicables), mais assortie d’une garantie véhicule de 3 ans.
Dans les deux cas, les coûts d’entretien d’un véhicule électrique restent très faibles ( vous n’avez pas de vidange à faire, moins de freinage mécanique…). Si vous recherchez de la quiétude et davantage de souplesse tarifaire en Europe, Peugeot est fait pour vous.
le duel des coûts à l’entretien : match nul. Mais comptez tout de même environ 700€ pour les révisions obligatoires sur 5 ans.
Les pneus : le poste oublié du TCO
Sur 100 000 km, impossible de faire l’impasse sur les pneumatiques. Selon le type de conduite, la dimension des roues et le type de pneu utilisé, plusieurs trains peuvent être nécessaires sur cinq ans. Nous retiendrons donc un scénario spécifique dans notre calcul final, avec un nombre de trains et un prix moyen clairement indiqués.
Le coût de la recharge à domicile
Quand il est question de TCO, on oublie souvent l’usage et l’installation d’une borne de recharge. Si vous avez déjà une installation adaptée pour une voiture électrique chez vous, ce coût est donc nul. Dans le cas contraire, une borne de recharge chez vous vous enlèvera bien des soucis.
Le TCO sur 5 ans : qui remporte vraiment le duel ?
C’est ici que les choses deviennent intéressantes. Pour comparer réellement le BYD Seal U et le Peugeot e-3008, il nous faut donc additionner :
- le prix réellement payé après les aides et remises ;
- le coût de l’électricité sur 100 000 km ;
- l’assurance ;
- l’entretien ;
- les pneumatiques ;
- les éventuels frais supplémentaires ;
- puis retrancher la valeur de revente du véhicule.
Notre formule
TCO = prix réellement payé + énergie + assurance + entretien + pneus + autres coûts – valeur de revente
C’est cette valeur, et non le simple prix catalogue, qui permet de déterminer le véritable coût de possession.

Le verdict du Dragon Fûté
Sur le papier, le BYD Seal U conserve un argument de poids : son prix d’accès et sa garantie particulièrement généreuse. La Peugeot e-3008 répond avec une meilleure efficience dans notre scénario, un réseau français plus développé et surtout une valeur résiduelle potentiellement plus favorable.
Mais le véritable gagnant ne peut être désigné qu’après avoir fixé les mêmes hypothèses de prix, d’assurance, de recharge, d’entretien et de revente pour les deux modèles. C’est précisément pour cette raison que le TCO est plus intéressant que le simple prix affiché en concession.
“Le Dragon Fûté retient donc une règle simple : ne regardez jamais uniquement le prix d’achat d’une voiture électrique. Regardez ce qu’elle vous aura réellement coûté au bout de 100 000 km.”
Et sur ce terrain, le duel entre le BYD Seal U et le Peugeot E-3008 est beaucoup plus serré qu’il n’y paraît.