Nissan possède Infinity, Toyota dispose de Lexus. ET BYD, le géant chinois de l’électrique entend également poser sa marque sur le segment premium : voici la Denza Z ! Comme tous les ans, les constructeurs profitent du traditionnel FOS de GoodWood pour en mettre plein la vue au public…et à la concurrence. Denza c’est la filiale premium de BYD et ce modèle Z illustre la volonté du constructeur de s’installer durablement sur le marché des roadsters électriques premium.
Un roadster premium…résolument premium
Commençons tout d’abord par son prix : en Chine, elle se négocie autour de 680.000 Yuan soit environ 87.400 euros pour la version coupé. La version Spider et Racing (spécialement conçu pour les circuits) s’échangent respectivement contre 780.000 Yuan (100.000 euros) et 1.180.000 yuan (152.000 euros) !
En Europe, Denza propose un tarif bien « premium » : le billet d’entrée de la gamme vous coutera 161.000 euros. Coté performance, vous avez droit à une voiture équipée de trois moteurs offrant une puissance combinée de 1180 kW pour 1582 chevaux !! Les chiffres de la version Racing frisent le ridicule : le 0 à 100km/h est expédié (le mot est faible) en un peu moins de 1.96 secondes pour une vitesse de pointe (mesurée ?) de 350 km/h !
Une plateforme avant-gardiste
En effet, la Denza Z entend proposer au grand public une voiture qui embarque ses technologies propriétaires. En avant-première mondiale s’il vous plait ! Sur la Z, elles sont trois :
- La plateforme e3 : la Denza Z est la première supercar électrique de la marque qui inaugurera cette nouvelle plateforme qui permet une distribution du couple sur les quatre roues du véhicule.
- La suspension DiSus-M : une révolution en termes de sécurité et de réactivité : la suspension montée sur la Denza Z est une suspension magneto-rhéologique pilotée électroniquement et qui ajuste en millisecondes et en continu la raideur de l’amortissement, indépendamment pour les quatre roues !
- Groupe motopropulseur intégré : la Denza Z s’équipe d’une motorisation 15 en 1 et embarque une batterie CTB de seconde génération. Batterie capable de passer de 10% à 70% de charge en 5 minutes ! Sa puissance maximale est de 1500 kW.
Le coup de crayon du designer en chef de BYD est reconnaissable. Selon Wolfgang Egger, cette voiture représente une « émotion pure » du design, avec ses ailes galbées et sa silhouette large.
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Un lancement pour une expansion plus globale de BYD
GoodWood, c’est le terrain de jeu idéal pour envoyer un message fort à l’industrie. Et BYD l’a parfaitement compris. Présenter la Denza Z sur ce circuit mythique britannique, c’est s’adresser directement aux amateurs de sportives européens — ceux-là mêmes qui ont grandi avec les Ferrari, Porsche et autres Aston Martin. Pas question ici de convaincre le marché de masse. Il s’agit de conquérir les esprits. Et les porte-monnaie des happy few.
Car derrière la Denza Z, il y a une stratégie bien rodée. BYD ne se contente plus d’inonder le marché avec des citadines électriques abordables. Le groupe joue désormais sur plusieurs tableaux simultanément : Yang Wang pour le tout-terrain de luxe, Fang Cheng Bao pour les SUV premium, et donc Denza pour la sportivité haut de gamme. Trois marques, trois cibles, une seule ambition : mordre des parts de marché à des acteurs qui se croyaient intouchables.
Et les chiffres donnent raison à la stratégie. BYD a vendu plus de 4 millions de véhicules électrifiés en 2024, consolidant sa position de numéro un mondial. L’Europe, longtemps résistante, commence à céder du terrain. Les droits de douane européens sur les véhicules chinois ont ralenti la percée — mais pas stoppé la dynamique. La Denza Z, elle, ne cherche pas à contourner ces barrières : à 161.000 euros, une taxe supplémentaire de quelques milliers d’euros ne changera pas grand chose à la décision d’achat.
Denza Z vs. Porsche et Ferrari : le choc des cultures
Sur le papier, les concurrents directs sont identifiés : Porsche Taycan Turbo GT, Ferrari SF90 Stradale, voire la Rimac Nevera pour les puristes de l’électrique pur. Mais la Denza Z ne se contente pas de cocher les mêmes cases — elle les redéfinit. 1582 chevaux, 0 à 100 en moins de 2 secondes, une architecture tri-moteur et une batterie rechargeable à 70% en cinq minutes : les ingénieurs de BYD ont clairement visé au-delà de ce que proposaient les références du segment.
La question qui demeure, c’est celle du ressenti de conduite. Une Porsche ou une Ferrari, ça ne se résume pas à des chiffres. C’est une philosophie, une expérience sensorielle construite sur des décennies de développement circuit. BYD en est conscient. Wolfgang Egger, ancien designer chez Audi et Alfa Romeo, n’a pas été recruté par hasard. Le groupe investit autant dans l’émotion que dans la performance brute.
Ce que la Denza Z dit de l’industrie automobile en 2026
Il y a dix ans, personne n’aurait parié un yuan sur l’arrivée d’une supercar chinoise dans la cour des grands. Aujourd’hui, la Denza Z fait tourner des têtes à GoodWood. Ce n’est pas anodin. Cela signifie que la Chine n’est plus seulement l’usine du monde de l’automobile, elle en est devenue l’un des laboratoires d’innovation les plus actifs.
La plateforme e3, la suspension magnéto-rhéologique DiSus-M, la batterie CTB Gen 2 rechargeable en cinq minutes : ces technologies ne sont pas des gadgets marketing. Ce sont des briques technologiques que BYD a développées en interne, à une vitesse que les constructeurs traditionnels peinent encore à égaler. Et la Denza Z, en les regroupant sur un seul modèle, fait office de vitrine technologique autant que de voiture de sport.
Pour les amateurs de belles mécaniques et pour les observateurs du secteur, la Denza Z n’est pas qu’un roadster électrique. C’est un signal. Celui d’un constructeur qui a décidé de ne plus jouer en retrait et qui entend désormais dicter ses propres règles. Y compris là où on l’attendait le moins.


